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Le blog d'Andronicus Khandjani

Je veux faire connaitre la Bible à mes contemporains. A travers la Bible, Dieu parle aux hommes, sans ce Message l'humanité perd sa part d'humanité

Science et foi: Réponse au Nouvel Obs, que faut-il croire de la Bible après les récentes découvertes archéologiques...

NDLR: Ce qui suit est une réaction à un article paru dans le Nouvel Observateur, et envoyée à la rédaction du journal.

Un livre crée la polémique: selon deux archéologues, l’un israélien, l’autre américain, une grande partie des événements relatés dans la Bible n’ont sans doute jamais eu lieu, notamment des épisodes aussi célèbres que le voyage d’Abraham, le Déluge, l’esclavage du peuple juif en Égypte, l’Exode, la chute de Jéricho ou la conquête de la Terre promise. Depuis longtemps les historiens savent que la Bible n’est pas un livre d’histoire. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman vont plus loin: pour eux, des chapitres entiers du Livre ont été rédigés au VIIe siècle avant J.-C. dans un but politique et sont légendaires. Quelle est la réalité historique de la Bible? Ces découvertes sont-elles fiables? Rem remettent-elles en question la valeur du texte? La force morale et spirituelle de la Bible dépend-elle, au fond, de sa véracité? Victoire Cygielman, Jean-Luc Pouthier et Sophie Laurant ont mené l’enquête.

Réponse : D’abord j’aimerais signaler que pour une personne au fait des recherches, ces soi-disant révélations n’ont rien d’inédit :Cela fait des années que d’aucuns parlent de « rédaction tardive de certains chapitres de la Bible ». Il n’y a qu’à lire certaines traductions comme la TOB pour se rendre compte qu’il ne s’agit pas de « révélation » ou presque. J’ai lu un tas de livres écrits par de
« croyants » censés m’apprendre que de nombreux événements bibliques ne sont que des exagérations. Sincèrement, je ne vois rien de nouveau.




                  

1-A la recherche du Déluge perdu
Lorsque les archéologues britanniques qui fouillent la ville de Ninive, en Mésopotamie, découvrent en 1872 sur des tablettes d’argile un récit du Déluge très proche de celui de la Bible, c’est un bouleversement: l’histoire de Noé a donc des racines babyloniennes, et même sumériennes, si l’on en croit la plus ancienne des versions découvertes, qui fait remonter le mythe aux alentours du troisième millénaire avant J.-C.! Aujourd’hui, pour la grande majorité des biblistes et des archéologues, cela constitue simplement un indice supplémentaire des influences des civilisations mésopotamiennes voisines des Hébreux sur la lente et tardive rédaction du récit de la Genèse. Cette vision a l’inconvénient de ne pas prendre le récit du Déluge au pied de la lettre, ce qui désarçonne une partie de l’opinion et même certains chercheurs. Dans les années 1950-1960, les missions se multiplient sur le sommet du mont Ararat, en Turquie, où l’Arche de Noé se serait échouée. Las! Les débris découverts ne sont pas assez antiques pour avoir un lien quelconque avec le patriarche. En 1997, deux géologues américains, William Ryan et Walter Pitman, publient un livre très médiatisé: «le Déluge de Noé» où ils défendent la thèse d’un remplissage de la mer Noire vers 5 500 avant J.-C. par un débordement brutal de la Méditerranée. Devant ce cataclysme, les populations locales auraient pris la fuite... jusqu’en Mésopotamie, où leur récit, d’abord transmis oralement, aurait fini par être couché par écrit. Plus fort encore: en l’an 2000, et après avoir lu «le Déluge de Noé», l’explorateur Robert Ballard (qui a fouillé l’épave du «Titanic») a retrouvé des traces d’habitations humaines datant du néolithique (entre – 10 000 et – 6 000 avant J.-C.) au fond de la mer Noire. Si l’hypothèse climatique explique de façon cohérente la formation de la mer Noire, son lien av avec le récit du Déluge semble tiré par les cheveux : d’ un côté, des paysans d’une vallée d’Anatolie sont chassés de chez eux par un gigantesque raz de marée, vers 5 500 avant J.-C. De l’autre, les premiers citadins, habitants de la ville d’Ur en Mésopotamie trois mille ans plus tard, gravent dans l’argile un mythe fondateur où il est question d’un déluge... Sophie Laurant, chef de rubrique au «Monde de la Bible».

Réponse: Le fait que des recherches visant à trouver l’Arche de Noé auraient été infructueuses ne suffit pas à prouver que l’événement n’a pas eu lieu. J’ai perdu certains objets dans ma vie, certains se sont cassés, cela ne prouve en rien que ces objets n’ont jamais existé, même s’ils ont complètement disparu. Dieu ne nous a pas ordonné d’aller à la recherche de l’Arche de Noé mais IL a par contre dit qu’IL se laissera trouver par ceux qui Le cherchent sincèrement.

Je ne connais pas la date exacte du Déluge universel et je sais que la recherche scientifique n’est pas toujours neutre :tout dépend des méthodes et des instruments de travail qu’on utilise.

Pour en venir à la dépendance supposée des récits bibliques de la création par rapport aux mythes mésopotamiens, nous tenons à rappeler que selon les Ecritures, les patriarches étaient originaires de Mésopotamie : Abram est originaire d’Our et Jacob a vécu son exil à Padan-Aram. Il n’est donc pas étonnant qu’ils aient légué à leurs descendants une tradition qu’ils partageaient avec leurs frères et cousins restés en Mésopotamie, à la différence que les traditions mésopotamiennes ont été gauchies par le polythéisme alors que les Hébreux, monothéistes, ont réussi à maintenir des traditions non altérées.

Le problème vient du fait que l’esprit moderne tente toujours de prouver que le judéo-christianisme a emprunté d’autres croyances. On a longtemps parlé d’influence des religions iraniennes sur le judéo-christianisme en dépit du fait que le zoroastrisme apparaît au moment où les Israéliens sont déportés en Iran et que certains d’entre eux vont jusqu’à s’établir en Afghanistan. On oublie que quand les Iraniens « célèbrent » la naissance de Mithra, ils utilisent le terme araméen Yelda. Dans son état actuel, personne ne le dit, l’avestique, la langue sacrée des Zoroastriens, intègre des verbes et des mots d’origine sémitique en grande quantité.


2-Abraham: aucune trace de pas
Tenter de prouver qu’Abraham a vraiment existé est, selon Israël Finkelstein, «une cause désespérée». Les rédacteurs de la Genèse ont placé l’histoire des Patriarches de la Bible dans le contexte des anciens royaumes et empires de Mésopotamie et d’Egypte, à une période que la tradition situait vers le XVIIIe siècle avant notre ère. Or des anachronismes comme la présence de chameaux – qui n’ont été domestiqués qu’après le Xe siècle montrent, entre autres, qu’il s’agit bien d’une recomposition. Avec Abraham, la Bible quitte le mythe (le paradis terrestre ou le déluge) pour se projeter dans la géographie et dans l’histoire. Il est possible de suivre sur une carte la migration d’Abraham, d’Ur en Chaldée vers l’Egypte et enfin à Hébron, en terre de Canaan. Le cadre du récit se fait plus précis, le ton plus concret. C’est le véritable début de l’histoire d’Israël. Et à travers l’épisode du sacrifice d’Isaac, Abraham joue un rôle capital dans la promesse faite aux Hébreux d’une terre et d’une descendance, et dans l’Alliance que Dieu conclut avec son peuple. Avec Abraham, les juifs rentrés de leur exil à Babylone – moment de la rédaction du texte – se dotent en fait d’un nécessaire Père unique. Dans le Croissant fertile, à Ur, Mari, Ougarit, les archéologues ont mis au jour nombre de vestiges de l’époque à laquelle Abraham est censé avoir vécu. Tous montrent que les migrations et les échanges étaient nombre nombreux, au deuxième millénaire avant notre ère, entre Canaan et l’Egypte, ainsi qu’avec le monde araméen (au chapitre 26 du Deutéronome, l’ancêtre des Israélites est qualifié d’«Araméen errant»). De traces d’Abraham, en revanche, point. De la même façon, le Tombeau des Patriarches d’Hébron, où se déchirent aujourd’hui juifs et musulmans, est un lieu de commémoration de traditions beaucoup plus tardives. Personnage décisif, Abraham est avant tout celui qui rompt pour la première fois dans la Bible avec le polythéisme de ses pères pour donner sa confiance au Dieu unique. C’est ce geste qui le fait revendiquer aujourd’hui aussi bien par les juifs que par les chrétiens et les musulmans. Jean-Luc Pouthier

Réponse: Etant issu de la basse aristocratie iranienne, je compte parmi mes ancêtres des personnages qui ont joué un rôle « historique » sans pour autant entrer dans l’histoire. C’est grâce à ses ancêtres que le littoral sud de la mer Caspienne n’a jamais été russe : ils ont activement milité pour que leurs concitoyens n’acceptent pas la nationalité russe. Ceci étant, le nom d’aucun de ces aristocrates-marchands n’apparaît dans l’histoire de mon pays. Tout ceci m'a été transmis par mon père qui aura entendu son père se glorifier du nationalisme des ancêtree.Abraham n’a pas appartenu à la « Grande Histoire » et je ne vois pas pourquoi on l’y chercherait. Je trouve tout simplement bête, passez-moi l’expression, que l’on parle de « cause désespérée » :La foi d’Abraham est vécue par des millions de gens qui ont expérimenté les mêmes miracles et les visitations de l’Eternel. Amen .

On parlera de certains « anachronismes » comme entre autres la présence des « Philistins » à l’époque des Patriarches. D’abord il est important de signaler que « Philistin » veut dire « étranger » comme… « falasha » ! Il doit s’agir de peuples non-sémites ou ayant un phénotype tellement différent qu’on les a appelés « Philistins ». Il est certes vrai que l’épithète deviendra le nom générique des « peuples de la mer », ces tribus indo-européennes qui envahiront, des siècles plus tard, le littoral septentrional du pays de Canaan.

La présence des chameaux : D’abord, j’aimerais signaler que le mode de vie des patriarches tel que décrit dans la Genèse reste proche des descriptions extrabibliques de la période correspondante. Et puis je tiens à mettre en exergue le fait que des recherches ultérieures peuvent remettre en cause les « certitudes scientifiques » dans lesquelles se bercent nos chercheurs. Certaines recherches tendent à prouver qu’on utilisait entre le 18ème et le 13ème siècle avant J-C. des dromadaires domestiqués dans le Sud de la Russie. L’utilisation du dromadaire serait attestée en Arabie au 13ème siècle avant J-C. D’autres découvertes archéologiques à Umn An Nar dans la péninsule arabique invitent à penser que certains groupes utilisaient le dromadaire il y a 4 000 ans.

On sait aujourd’hui que les « écrits scientifiques » d’Ernest Renan n’ont rien de scientifique. Je ne vois pas pourquoi les « certitudes archéologiques » de Finkelstein connaîtraient un sort meilleur.


3-Ramsès II: l’Exode, connais pas...
L’esclavage des Hébreux puis leur sortie d’Egypte sous la conduite de Moïse et les dix plaies divines qui s’abattent alors sur les Egyptiens fascinent l’Occident depuis des siècles. Devant un récit aussi circonstancié, faisant apparaître un pharaon, des paysages et des noms de lieux bien attestés, comment résister à la tentation de rechercher des traces historiques du passage des Hébreux en Egypte? Après tout, cette civilisation a laissé tant de textes et de vestiges... Malheureusement, la richesse des détails ne doit pas masquer l’absence totale de documentation extra-biblique pour confirmer le récit de l’Exode. En se basant très approximativement sur la chronologie biblique et sur la mention d’une vi ville fondée par Ramsès II, on situe cet épisode sous son règne, au milieu du XI IIe siècle avant J.-C. Les seules assurances que les égyptologues ont pu donner aux biblistes, c’est que le contexte égyptien est très bien rendu par la Bible, ce qui prouve une bonne connaissance des mœurs de leurs voisins par ses rédacteurs. Ainsi, l’enfance de Moïse (un nom égyptien), sémite éduqué à la cour de Pharaon, s’inscrit dans une tradition égyptienne tout à fait banale et, du coup, impossible à dater avec précision. De même l’emploi plus ou moins contraint de populations sémites sur les chantiers des pharaons est attesté à diverses époques. Il a toujours existé des mouvements de populations entre ces deux régions, qu’il s’agisse de trouver un refuge, une terre plus fertile, ou avec des intentions de conquête. Longtemps, les Hyksos, ces mystérieux envahisseurs venus d’Orient, ont été assimilés aux Israélites. Mais les Hyksos ont été chassés du Delta du Nil au XVe siècle avant J.-C... soit bien a vant la date supposée de la naissance de Moïse. Un autre argument est régulière ment avancé à l’appui de l’historicité de l’Exode: le monothéisme du roi Akhénaton (XIVe siècle avant J.-C.), que Moïse aurait repris à son compte. Après Sigmund Freud et bien d’autres, un livre, «les Secrets de l’Exode», paru l’an dernier, a relancé avec succès cette hypothèse qui fait hurler les spécialistes de la religion égyptienne: pour eux, il n’y a rien de commun entre la pensée religieuse solaire égyptienne – sa version monothéiste n’en est que l’épure – et l’idée d’une alliance quasi juridique, d’un contrat entre un Dieu unique et le peuple qu’il a élu. Il faut aussi souligner la parenté très forte entre le récit de Moïse sauvé des eaux et celui de la naissance du roi Sargon Ier d’Assyrie (vers 2 500 avant J.-C.) ou entre l’épisode de Joseph et ses frères (situé une génération avant Moïse) et un conte égyptien très connu. Il s’agirait là d’influences littéraires normales entre civilisations qui s e côtoyaient et échangeaient constamment. Bref, pour beaucoup de chercheurs aujourd’hui, il est vain de tenter de retrouver les traces d’un événement dont on n’est pas du tout sûr qu’il ait eu lieu et qui, s’il s’est bien produit, a sans doute concerné un si petit groupe de personnes, de si petite condition, que, pour les Egyptiens de ce temps-là, il n’a pu s’agir, pour reprendre les termes de l’égyptologue Jean Yoyotte, professeur honoraire au Collège de France, que d’un «non-événement» qui ne méritait pas d’être consigné. Sophie Laurant .

Réponse: Qu’est-ce qu’un « événement » ?

En ce début du XXIème de nombreux événements restent insuffisamment couverts par la presse. Ainsi beaucoup de personnes ignorent ce que la presse décide qu’ils doivent ignorer. Le fait qu’en plein XXème siècle 4 millions de congolais aient péri sous l’occupation rwandaise ne mobilise pas l’opinion publique européenne prête pourtant à pleurer la mort d’un terroriste du Hamas ou du Hezbollah ! La mort de 4 millions de Congolais est pour ainsi dire un non-événement pour la presse bien-pensante du Nord alors que ce qui s’est passé à Sabra et Chatila est un événement historique.

J’ai encore de la peine à croire que l’humiliation vécue par des millions de Sud-Soudanais a longtempts laissé de marbre la presse occidentale . C’est pourtant une réalité et les cris de quelques défenseurs des droits de l’homme sincères n’y changera rien, pétrole obligeant.

Le massacre de 6 millions de Juifs aurait pu être un non événement si Hitler avait gagné la deuxième guerre mondiale. D’ailleurs beaucoup de gens ont ignoré les faits avant la fin de la deuxième guerre mondiale. Aujourd’hui, des personnes comme Faurisson et Roger Garaudy ont « prouvé » que le génocide des Juifs n’a pas lieu. Il s’agirait selon eux de non-événement.

En Iran, le « révisionnisme » ou plutôt le négationnisme est en passe de devenir la version autorisée de l’histoire de la deuxième guerre mondiale.

On sait par exemple que la « victoire de Saddam Hussein » sur les USA est un « événement » en Irak, même si le dictateur a dû retirer ses troupes de la « province » du Koweit.

L’histoire de ma communauté m’apprend que nous avons subi des génocides par le passé. Les génocides arméniens et assyriens dans notre XXème siècle donnent l’ « arrière-goût » d’un passé sur lequel l’histoire officielle se tait. Nous n’ignorons guère les crimes commis en Espagne contre les musulmans mais nous tenons aussi à rappeler que nous avons aussi souffert.

Je me demande pourquoi les scribes égyptiens auraient été plus fidèles que nos journalistes occidentaux hantés par le politiquement correct et les journalistes orientaux qui ne doivent retransmettre que les versions officielles sous peine de subir les foudres de César. J’espère que ces propos émanant d’un journaliste ne choqueront pas.

En outre, certains indices au niveau de la langue invitent à penser que les Hébreux ont bel et bien été en Egypte. D’abord, une phrase dite par Dieu se retrouve dans les textes égyptiens. Ex 9 :18 cf verset 24. L’expression « depuis la fondation de l’Egypte » est un « égyptiannisme » On ne peut accuser le rédacteur du texte d’avoir mis une phrase en égyptien dans la bouche de Dieu. Le texte hébreu garde la trace d’une phrase, d’un oracle divin dite en égyptien.
On retient en général pour l’Exode, la chronologie dite « courte », mais une lecture « fondamentaliste » des Ecritures plaide pour la « chronologie longue ».
Le fait qu’il soit question des villes-entrepôts de Pithom et de Ramsès (Ex 5.8) et d’une intense activité militaire des Philistins semble plaider pour la chronologie dite courte. Ceci étant, compte tenu du fait que les Pharaons avaient l’habitude de s’attribuer des ouvrages exécutés par leurs prédécesseurs ont peut penser que ces villes-entrepôts ont été rebaptisées. Celui qui a édité le Texte Sacré, a utilisé des noms connus pour ses contemporains.
1 Rois 6.1 invite plutôt à préférer « la chronologie longue ». Cela s’imbrique mieux avec des relations égyptiennes dans lesquelles un certain Pharaon va se targuer d’avoir «anéanti » les Israélites.
D’ailleurs je m’expliquerais mal pourquoi un peuple se serait inventé un passé peu honorable d’esclave.


4-Le mont Sinaï: plutôt toute une chaîne...
La localisation du mont Sinaï (ou Horeb), où Moïse reçut de Dieu les Tables de la Loi, a été longtemps l’objet de recherches et de discussions. Selon la façon dont sont interprétés les textes qui racontent l’exode et les quarante années d’errance des Hébreux dans le désert, sa situation géographique ne sera pas la même. La plus ancienne tradition remonte à l’époque byzantine. Elle identifie l’Horeb au Djebel Moussa, à l’extrême sud de la péninsule du Sinaï. Ce lieu de pèlerinage toujours fréquenté abrite le monastère Sainte-Catherine. Mais depuis les années 1930 une dizaine de «monts Sinaï» potentiels se sont ajoutés à ce haut lieu. La dernière hypothèse est celle menée par un préhistorien itali en, Emmanuel Anati. Le chercheur, qui fouille depuis 1980 le mont Har Karkom, à l’est de la péninsule du Neguev en Israël est persuadé qu’il a retrouvé le vrai Horeb. Partant du principe que cette montagne est un lieu sacré depuis les origines, comme en témoignent des des rochers peints préhistoriques et d’étranges sculptures anthropomorphes, Emmanuel Anati estime que les Hébreux, qui connaissaient parfaitement le désert et ses pistes caravanières, ne pouvaient ignorer la réputation sacrée d’Har Karkom. A partir de cette localisation, il réinterprète les textes des livres de la Bible et découvre qu’ils «collent» avec les outils et vestiges découverts à Har Karkom... à condition de vieillir l’Exode de mille ans par rapport à la chronologie traditionnellement admise: il situe cet épisode au XXIIIe siècle, époque correspondant à l’Ancien Empire en Egypte et au Bronze ancien en Israël, plutôt qu’au XIIIe siècle, époque ou régnait Ramsès II et qu’on appelle aussi le Bronze récent. Le hic, aux yeux de la majorité de ses collègues, c’est qu’Anati utilise les textes bibliques comme des sources historiques fiables, alors que nous n’avons accès qu’au dernier assemblage très tardif de textes de diverses époques et différents auteurs dont le but n’était pas de rapporter fidèlement l’histoire au sens moderne du terme.Sophie Laurant

Réponse : Dieu a parlé, qu’importe le lieu précis. Elie savait où se trouvait la montagne de Dieu. On est invité à croire que Horeb se trouve dans le territoire de la tribu de Couchan, groupe rattaché aux Madianites, comme semble le suggérer Habacuc 3.7. Comme le suggère l’Epître aux Galates, Paul devait savoir également le lieu précis du « Mont Sinaï…en Arabie ». Galates 4 :25. Nous savons qu’il se situe en dehors du pays de la promesse, en « Arabie », terre où Ismaël va s’imposer. Cela est assez précis pour avoir un sens prophétique pour nous, notamment à la lumière de ce que nous connaissons de la manifestation religieuse de cette région.


5-Jéricho: ni trompettes ni murailles !
Les murailles de Jéricho s’effondrant au son des trompettes sont une des images les plus connues de la Bible. Après quarante ans passés dans le désert, Josué conduit les Hébreux à la conquête de la Terre promise. Forts de cette représentation, les archéologues sont partis à la recherche des vestiges des fameuses fortifications. Las ! Il leur a fallu déchanter. A l’époque supposée de la prise de la ville (XIIIe siècle avant Jésus-Christ), celle-ci n’existait tout simplement pas. Aujourd’hui, le débat sur l’arrivée des Hébreux en Canaan est un des plus vifs et des plus délicats, tant son arrière-plan politique est aisé à imaginer. Entre Israéliens et Palestiniens, l’enjeu est d’identifier les « premiers occupants » de cette terre. A ce jour, l’archéologie n’a pas repéré d’établissement de nouvelles populations dans la région au XIVe ou XIIIe siècle avant notre ère. L’émergence d’une communauté politique et religieuse nouvelle aurait donc pris d’autres formes et aurait duré beaucoup plus longtemps que ne le laisse supposer la lecture du livre de Josué. Deux hypothèses souvent avancées évoquent la sédentarisation progressive de semi-nomades, ou une révolte de paysans contre les cités cananéennes. Le récit de la conquête n’en a pas moins une fonction importante dans la Bible, même si sa divergence d’avec les apports des fouilles archéologiques est plus importante que les historiens ne le pensaient au départ. C’est une sorte de moment « parfait », d’âge d’or dans l’histoire d’Israël : Israël est fidèle à son Dieu et observe la loi de manière exemplaire, ce qui explique le succès de la conquête. « Israël sert Yhwh pendant toute la vie de Josué et toute celle des anciens qui, vivant après lui, ont connu toute l’œuvre accomplie par Yhwh pour Israël. osué, 24, 31). J.-L. P.

Réponse: Le mystère du Temple devrait inviter les archéologues a plus d’humilité. Personne n’est à même de dire exactement ou se situait le temple sur le Mont du Temple, Djibel-Heikel. De sorte que le mufti d’Azhar peut raconter des bêtises, en dépit que l’on sait que les premiers musulmans aimaient à prendre le contrôle des lieux saints des autres religions( la mosquée de Babery, l’eglise de Sainte Sophie). La patrie de l’Homme-Dieu, c’est-à-dire Nazareth, n’a pas été certainement localisée. Lui qui est présent parmi les croyants a voulu cacher ses traces des sages de ce monde qui ne voient que ténèbres là où nous contemplons la Lumière.

6-Saba, oui ; sa reine, non
La Bible rapporte à deux reprises, au premier Livre des Rois et au deuxième Livre des Chroniques, la visite de la reine de Saba au roi Salomon. Le récit évoque des cadeaux somptueux, « des chameaux chargés d’aromates, d’or en énorme quantité et de pierres précieuses ». La porte s’ouvre sur le rêve... et sur la légende dans la légende. Des amours de la reine et Salomon serait né le premier Roi des Rois, Ménélik, fondateur d’une dynastie éthiopienne qui n’a quitté le pouvoir qu’au XXe siècle avec Haïlé Sélassié. Hélas ! si un royaume de Saba a bien existé entre le VIIIe siècle av. J.-C. et le IIIe siècle de notre ère, aucun historien ne croit plus à l’existence de sa reine. La découverte des vestiges du royaume d e Saba, au milieu du XIXe siècle, est due à un pharmacien français, Thomas Jos eph Arnaud. En juillet 1843, Arnaud se joint à une caravane qui part de San’â, la capitale du Yémen, et il visite les monuments de Marib, le berceau du royaume de Saba, au sud de la péninsule arabique. Il rentre après avoir copié 56 inscriptions. Dans ses « Antimémoires », André Malraux trace de Thomas Joseph Arnaud un portrait d’aventurier dans lequel il projette sans doute ses propres fantasmes, lui qui avait succombé à son tour à la fascination de la reine de Saba. Après Arnaud, d’autres expéditions se succèdent, à un rythme régulier, aux XIXe et XXe siècles. Elles ramènent divers matériels, d’où émerge l’histoire de la civilisation sabéenne. Saba était sans doute la plus puissante d’un ensemble de cités-Etats d’Arabie du Sud. Elle est mentionnée dès le VIIe siècle av. J.-C. dans des textes perses et babyloniens. Ses relations avec la Mésopotamie d’abord, puis le Levant, l’Egypte et la Grèce ont été trè s précoces. Les caravanes transportaient vers le nord des métaux, des pierres p précieuses et, bien sûr, de l’encens et des aromates. La visite de la reine de Saba à Salomon semble bien attester un commerce avec la Palestine aux alentours du VIe siècle. Gaza sera longtemps le débouché de la route de l’encens. J.-L. P. Le British Museum présente jusqu’au 13 octobre une exposition sur la reine de Saba, « Queen of Sheba : Treasures from ancient Yemen » (Great Russell Street, Londres ; www.thebritishmuseum.ac.uk).

Réponse: Dans le Livre de Job, il est question de maraudeurs sabéens opérant dans le nord de l’Arabie. Quel que soit le crédit qu’on accorde au texte, on doit reconnaître qu’il utilise des données réelles. Ceci pour dire qu’il y avait aussi des Sabéens dans le nord de la péninsule.

Doit-on identifier le royaume de Saba sud-arabique au royaume de Shaba biblique ? La question mérite d’être posée dans la mesure où la Genèse nous parle à la fois d’un territorien sabéen (avec un samek) et d’un territoire «shabéen » (avec un shin).

L’un des deux territoires pourrait bien se situer au pays de Cush ou plus loin. Ceci étant, qu’est-ce qui aurait empêché les Shabéens dont certaines tribus sont localisées dans le nord de la péninsule de fonder un autre royaume en Afrique ? On parle d’un « commerce avec la Palestine aux alentours du Vième siècle » alors que la Bible nous parle d’un bois précieux que rapportèrent les navires de Hiram. Et d’ajouter : « Il n’arriva plus jamais de bois d’Almoughim, on n’en a plus vu après cela ». Ce bois provenait-il du royaume de Saba(Shaba) ? Si oui, on aurait là un indice certain que le royaume en question se situait en dehors de l’Arabie. Dans le NT, le Seigneur parle de la « Reine du Sud » alors que le texte de la Genèse (10 :27) situe une tribu sabéenne dans l’ « Est », terme qui comprend la péninsule arabique(cf Genèse 10. 24-30). On serait peut-être mieux fondé de chercher ce royaume en Afrique, la terre du Sud par excellence.

Pour terminer, je tiens à saluer le travail des critiques ne croyant pas dans la Bible qui permettent aux chercheurs croyants de mieux se situer par rapport aux faits bibliques, en dépit du fait qu’ils ne trouvent que ce qu’ils cherchent comme le rappelle Ahmadou Ampaté Ba en rapport avec les africanologues qui n’observent en Afrique que ce qui renforce leurs préjugés. Un de mes maître disait : « On peut apprendre beaucoup sur Dieu en écoutant les athées ». J’y crois très fort. Je ne voudrais pas dire que ceux qui nous critiquent soient forcément des athées, ils ont certainement leurs croyances qui sont respectables, mais plutôt que nous pouvons aussi apprendre e n les écoutant. Aujourd’hui si je n’ai aucun désir de prouver scientifiquement l’existence de Dieu, je le dois aux athées qui m’ont prouvé que Dieu se situe au-delà de la connaissance humaine.
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